Un
clin d'oeil aux enfants d'Amériques du Nord,
confrontés au Sida eux aussi,
mais que je n'ai pas pu visiter...
Pour le moment ;-)
Premières
visions
du continent du
dieu Soleil
Pérou
Capitale | Lima
Les façades baroques de "Lima antigua" : la partie ancienne
de la capitale Péruvienne.
L'intérieur des eglises est tout autant
décoré.
Au sortir de la capitale, les paysages sont à couper le
soufle !
Visions des Andes
l'ancienne Cuzco |
Fief des Incas
A Cuzco, l'artisanat est pratiqué par tous, à
tout âge.
Et pour quelques pièces, vous pourrez prendre toutes les
photos dont vous rêvez.
En plein centre ville, le couvent de la Mercédès
: son
architecture barroque exquise et son jardin de fleur aux dominantes
jaunes :
un cadre parfait pour la méditation.
L'ntérieur du couvent de la Mercédès
est bien plus sobre, mais toujours aussi splendide !
Après quelques jours de boulot à Cuzco, je prends
rapidement le train afin de gravir la montagne du Machu-Pichu !
Certaines visions de la ville nous inspirent un passé
révolu depuis longtemps.
Visions du toit du monde
Demeure de la déesse Inti
Machu-Pichu |
Pacha-Mama
Nous arrivons en bas du Machhu-Pichu en train.
Puis, un bus nous fait monter toute la vallée jusqu'en haut
des
montagnes sacrées (elles sont en
réalité au nombre
de quatre, occupant chacune l'un des point cardinaux : le Machu-Pichu
étant la plus petite des quatre).
Le fameux rocher en forme de "tête de faucon", dont m'avait
parlé les gardiens du Khouloud.
Oui bien entendu... il faut une bonne dose d'imagination pour y voir la
tête d'un rapace.
Et tout près, comme me l'avaient promis mes compagnons de
voyage, un message se trouve au pieds du légendaire arbre de
vie! ! !
Visions de Caracas
Statistiquement, la ville
la plus dangeureuse au monde !
Le bidonville
(ou "barrio") de l'est de la capitale, près de la place
Propatria.
Voilà le seul orphelinat de tous le
Vénézuela qui accueille des enfants
séropositifs ! Il devrait y en avoir dix fois plus, rien que
dans la capitale !
Nous arrivons durant la fête de pacques : durant la
cérémonie, un père lave les pieds de
son fils en signe d'amour et de partage.
Voià la seule association qui daigne prendre en charge des
enfants séropositifs dans tous le Venezuela.
Because AIDS orphans and HIV+ children deserve to laugh and be loved like any other child !
Amérique
du Sud . . .
Comme on dit,
c'est pas le
Pérou
!
« Avant qu’un
rêve ne soit réalisé,
l’âme du monde teste en nous
ce qui a été appris tout au long du chemin
parcouru. Les choses ne se passent
pas ainsi afin de nous faire souffrir, mais pour qu’en plus
de le réaliser, nous
puissions cristalliser la leçon qu’il nous a
été donné d’apprendre au
moment
même où nous avons été
porté vers notre rêve »
(« L’alchimiste »,
Paulo Coelho)
Les
derniers évènements de mon existence sont
passés très vite, trop vite sans
doute après l’Asie du Sud est. J’ai
dû coup sur coup, enchainer deux vols long
courriers (sans compter les différentes escales). Il
était effectivement trois
fois moins cher de passer par Kuala Lumpur puis par Londres, que de
prendre un
unique vol transcontinental depuis l’Indonésie
pour me rendre en Amérique du
Sud.
A
Londres, j’ai tout le loisir de me reposer, de
récupérer du décalage horaire.
Durant trois jours, je flâne au hasard des ruelles de cette
capitale
britannique au charme si attachant. Je prends le temps. Je visite une
fois
encore le british museum, je vais au thêatre où
l’on
joue « Madame de
Sade » (avec l’exquise Judi Dench, la
« mum » du MI6 dans le
dernier James bond). Ce sont là trois jours d’un
repos de
courte durée qui ne
saurait me faire oublier totalement tout ce qui me reste à
accomplir d’ici l’été,
ni d’ailleurs certains des évènements
tragiques
qu’il m’a été
donné d’observer
en Asie du Sud est par exemple, où la pandémie
fait des
ravages.
Les
façades baroques des église de la capitale
péruvienne.
Les
fresques murales relatent l'histoire de la conquête du
Pérou par Pizzaro.
Sans
oublier le
bord de mer : Lima se trouve sur le plancher des vaches... Mais
bientôt j'aurais à gérer le fameux "mal
d'altitude"...
...Coucher
de soleil au dessus des nuages :
je suis en route vers le toi du monde,
je suis dans un bus de nuit (direction les Andes)
Lima,
capitale du Pérou. Dès mon arrivée
dans le pays comme à l’accoutumé, je
vais
d’hôpitaux infantiles en association de lutte
contre le Sida. En quelques
jours, je finalise cette partie là de mon enquête.
Puis, je prends le temps de
visiter « Lima Antigua », la
vieille ville et ses musées, ses églises
baroques démesurées, ses œuvres
d’art aux accents hispaniques. Je tente
d’oublier ses orphelins que j’ai vus à
l’hôpital de Lima : Jean-Pierre qui
a huit ans à peine, séropositif depuis la
naissance et qui doit vivre à
l’hôpital puisque personne ne veut plus de lui
ailleurs, pas même les
orphelinats d’état. Et l’adorable
Maria : elle a deux ans, des cheveux
noirs Karakul, de grands yeux hagards, une peau d’un blanc
laiteux qui
contraste magnifiquement avec le reste de sa carnation. Mais ses traits
tirés, son
visage amaigri. La petite Maria n’a pas
été testée et soignée
à temps. Elle
souffre entre autre d’insuffisance respiratoire. Elle ne
fêtera
vraisemblablement jamais ses trois ans.
Depuis
plusieurs jours je me mens à moi-même. Je sens au
fond de
moi que quelque chose
est sur le point de céder, pourtant je feins
l’indifférence. Vous savez bien,
c’est cette représentation que l’on a de
son
édifice cognitive : une
maison, avec un toit plus ou moins solide, qui craque et craque encore,
puis
finit un jour par lâcher sous les assauts
répétés
d’intempéries fracassants. Il
y a des jours où je suis tenté de verser dans
l’apitoiement. Il ya des moments
où j’aimerais tomber à genoux et avoir
la
capacité de me vider de toutes les
larmes de mon corps. Pleurer, pleurer, pleurer… Pourtant, je
n’en fais rien. Il
y a des moments aussi où il faut savoir dépasser
toutes
ses limites. Il faut
cesser de s’apitoyer sur son sort. Des moments où
les
paroles de l’alchimiste
prennent tout leur sens : « Lorsque tu
désires
profondément quelque chose,
c’est comme si tous l’univers conspirait afin de
t’aider à
l’obtenir ». Je
me contrains à prendre une journée
entière de
repos, que je passe dans ma
chambre d’hôtel, entièrement dans le
noir, à
regarder des séries télé à
deux
balles. Je suis persuadé que dans plusieurs mois encore je
me
poserais la
question de savoir comment j’ai pu résister et ne
pas
m’écrouler
lamentablement.
Je
finis par prendre le bus jusqu’à Cuzco,
l’ancienne capitale des Incas. Là, je
tente de me changer les idées. Je visite entre autre le
couvent de la
Mercedes : un bijou de l’architecture baroque
à son apogée. Un édifice
tout de pierres sculptées, de plafonds enluminés,
avec en son centre ô
merveille, un jardin à l’anglaise où
domine des fleures couleur jaune
d’or ! Sur un banc en bois je me suis assis dans un
coin de la cour. Quel
contraste époustouflant, propice à la
méditation et au recueillement. A
l’intérieur du couvent, c’est un
musée. Alors bien entendu on n’y trouve nulle
merveille comparable à un radeau
de la Méduse
de Girodet, peintre que j’affectionne tant. Rien de
comparable non plus à un
merveilleux, un exaltant, un magique, un envoutant symbolisme de la Médecine de Gustav Klimt.
Pourtant en y
regardant bien, on trouve sur
certaines toiles la trace de cette lumière de la
renaissance, qui éclairera
bientôt l’ancien comme le nouveau monde. Pour moi,
l’art pictural tout
particulièrement et la musique aussi, sont de ces immenses,
ces ineffables
plaisirs de l’existence ! C’est dans ces moments
là que l’on saisit pourquoi
certains en arrivent à penser que notre humanité
touche au sacré. Ces arts
portent en eux la représentation d’un
être humain tel que l’a dépeint Michel
Angelo au plafond de sa sixtine : un être qui touche
le divin du bout du
doigt.
La grande place de Cuzco : la "playa major".
A Cuzco, le métissage de la société
péruvienne est moins flagrant. Les gens se cotoient plus
aisément, les enfants et les femmes d'origine indienne (le
peuple Qechua) sont partout dans les rues. ALors qu'à Lima,
les
quartiers de "blancs" (descendants des conquistador) et des familles
d'origine indienne, étaient bien plus clairement
segrégués.
La
production d'artisanat est très importante dans la
région.
Et
les beaux saltimbanques sont partout,
à faire montre de leur art en place publique.
Et
les jeunes et jolies femmes sont vêtues comme des princesses
Incas !
Je
passe ainsi quatre jours à visiter dès que
j’en ai le temps, la vallée du grand
Inca et ses alentours. Je finis par gravir en bus le
« Machu Pichu » :
la grande montagne et sa citée extraordinaire, comme
posée là sur les flancs de
la « Pacha Mama », la terre
nourricière. Cette ville était la
résidence de la noblesse assujettie au grand roi Inca.
Après une courte visite
guidée, je me suis assis là en tailleur et
j’ai admiré les vallées tout autour
et ce fameux « arbre de vie »
dont
parle la légende. J’ai laissé mes
énergies se recomposer durant près de deux
heures, là sans bouger à inspirer calmement,
à tenter d’imaginer la vie
merveilleuse dont l’élite et la prêtrise
inca bénéficia il y a des siècles de
cela. Je crois que jamais je n’oublierais la
plénitude et la sérénité
qui
furent mienne assis là, au milieu de ces ruines
séculaires. Une ville perchée
sur l’un des toits du monde, entièrement
édifiée en granite blanc. Les nuits de
pleine Lune, il parait que les paysans en bas dans la vallée
la décrivent comme
une nef des dieux, descendus des cieux : un hommage du dieu
soleil à sa
femme Inti, la Lune.
C’est
dans cette citée parmi les ruines, que j’ai
trouvé par hasard l’un des messages
les plus énigmatiques qui m’ai jamais
été délivré par ceux que je
considère
désormais comme mes compagnons de voyage : les
fameux gardiens du Khouloud.
Effectivement, pour me dégourdir les jambes, je me suis
rendu vers ce grand
arbre planté là, au beau milieu de la
cité. Les Gardiens m’avaient bien parlé
d’un légendaire arbre de vie.
« Sur le plateau de la Pacha Mama, non loin
du roc à tête de faucon, tu trouveras ta
route… », disait leur dernière
énigme. Pourtant, jamais je n’aurais
imaginé qu’il s’agisse de cet arbre-ci.
L’arbre de vie est un arbre mourant,
décrépi. Cette place était le lieu de
rassemblement des élus du peuple. L’arbre se
trouve tout près d’un rocher dont
les guides touristiques vous disent qu’il a effectivement
été taillé en forme
de faucon. A ces pieds, je trouve comme prévu un nouveau
message qui ne manque
pas de susciter mon inquiétude :
Une jeune femme rouquine médite sur
cette
premières visions du Machu-Pichu ( = "la petite
montagne")
et de la citée construite sur la Pacha-Mama (= "la terre
nourricière").
Une citée aujourd'hui en ruine qui
autrefois fut habitée par la plus haute caste du peuple
Incas : les nobles et les prêtres : même le roi,
appelé l'Inca, séjournait ailleurs.
Aujourd'hui
encore on ignore le nom de cette citée blanche, construite
en
granite blanc, dédié au Dieu soleil, qui fut
occupée pendant cinquante années à
peine
(jusqu'à l'arrivée des conquistador espagnols au
16ème siècle).
Aujourd'hui
les hauts plateaux du Machu-Pichu sont habités par de
nombreux
Lamas qui y vivent désormais en toute quiétude.
Et
au milieu... le légendaire arbre de vie !
« Chaque
homme dans sa nuit, s’en va
vers sa lumière. Va, vis et descends sur le continent des
origines de toute
humanité. Là, observe comment enfants et
adolescents par millions, comme toi
autrefois, sont contrains d’apprendre à vivre avec
ce Mal des deux siècles. Tu
traverseras la vallée d’Elah, la plus grande
vallée au monde. Tu rendras
hommage au seigneur des animaux, sous son arbre tonnerre. Les guerriers
Masaïs
te porteront leurs conseils : leurs paroles, tu les garderas
secrètement.
Tu visiteras les plus pauvres parmi les pauvres, tu devras un jour
contribuer à
leur éducation. La connaissance n’est-elle pas la
clef de la liberté ?
Enfin, tu devras au péril de ta vie, te rendre dans la
dernière des oasis aux
portes du désert. Dans la citée perdue des hommes
bleus, tu recevras le sceau
des messages que nous t’auront délivré
depuis bientôt neuf mois. Nous, Gardiens
du Khouloud réglons toujours nos dettes, nous
n’avons qu’une seule parole. »
Tiens,
tiens : le message est aussi abscons que tous les autres, il
se termine
pourtant différemment. D’habitude ils disent
qu’ils savent où me trouver,
etcetera. Est-ce le signe que je suis bientôt sur le point de
découvrir enfin
ce qu’ils veulent de moi !? Je verrais bien. Le
répit, que m’aura offert
la contemplation de cet ersatz
d’éternité historique ainsi que la
réflexion à
propos de cette énigme mystérieuse, n’a
été que de courte durée. Je retourne
à
Cuzco, où je suis de nouveau pris du mal des hauteurs (Le
Machu Pichhu est bien
moins élevè que la région aux
alentours, contrairement à ce que l’on pourrait
penser). Le stress et l’altitude me feront-ils
bientôt perdre l’esprit !?
Du clame ! Il me faut me calmer par tous les moyens.
Nausées, troubles du
sommeil, vertiges sont autant de symptômes d’un mal
des hauteurs dont je
n’avais pas souffert au Tibet, il y a de cela deux ans. Bien
entendu, là-bas
nous avions eu le temps de nous acclimater à
l’altitude. Ici à Cuzco, la
plupart des sites sont entre trois mille et quatre mille
mètres de hauteurs et
je n’ai eut, depuis Lima située en bord de mer,
que vingt quatre heures
(passées dans un bus de nuit) afin de m’habituer
à la nouvelle topographie des
lieux. Je suis saisi plusieurs fois par jour par des crises
d’angoisse
sérieuses.
En
tant que neuroscientifiques, c’est bien là le plus
cynique, je sais très
précisément à quoi ce genre de
phénomènes est dû. Je vois en esprit
les
mécanismes qui sont à
l’œuvre : surmenage, fatigue, stress
toujours,
mélancolie parfois… Pour dire vraie, je ne
parviens pas oublier le visage
angélique et accablé par la souffrance de cette
petite Maria, à Lima. Il est
dur de voir un enfant souffrir au point de penser qu’il
serait mieux pour lui
qu’il soit mort. C’est affreux d’avoir de
telles pensées ! Depuis mon départ
il y a bientôt sept mois, c’est la toute
première fois que je doute de pouvoir
venir à bout de ce périple. Et si je craque
complètement, ici à l’autre bout de
nulle part, dans un pays étranger à des milliers
d’encablures de chez moi, y
aura-t-il seulement quelqu’un pour me venir en
aide ? Jamais, jamais je
n’oublierais ce genre de solitutde que tous les grands
voyageyrs ont du
ressentir au moins une fois. Jour après jour je dois user de
ma litanie contre
la peur. Cette peur qui vous terrifie, qui vous glace le sang, qui vous
engourdie l’esprit. Cette peur atavique de
l’abandon, de l’échec, de
l’impuissance. Cette peur qui vous crucifie. Pour lutter
contre elle, plusieurs
fois par jours je laisse ma peur passer sur moi, elle
s’empare de moi, elle
pénètre les moindres fibres de tous mon
être, emplit mon esprit. C’est une
oblitération totale, une annihilation en bonne et du forme
de mon ego !
Puis
une fois passé sur moi, je me retourne et là plus
rien… Rien que moi. Purifié
de mes doutes, de mes craintes inutiles face aux vicissitudes de
l’existence.
Au sortir de telles épreuves dans la vie, ce sont en
général des moments où
l’on est de nouveau
rasséréné, totalement en paix avec son
cœur, en mesure
d’écouter les intuitions que suscite en nous
l’âme du Monde. Vous l’aurez
compris, j’ai décompensé nerveusement.
J’ai remis
les horloges à l’heure comme on dit.
J’ai tout de même évité de
peu la
dépression. D’expérience, je sais de
quoi je parle. Bien entendu, travailler la
plupart du temps plusieurs heures par jour dans de telles conditions,
des mois
durant, avec à peine de temps en temps quelques visites ou
excursions à droite,
à gauche de quoi se changer les idées :
il y a de quoi devenir fou. Je ne
saurais oublier que les épreuves de l’existence
sont nombreuses. Les tentations
qui peuvent nous mener à la stagnation puis à
l’anéantissement de toute volonté
se parent souvent des plus beaux atours : confort, plaisir,
facilité. Il
me faudra redoubler de vigilance !
La
bonne nouvelle, c’est que l’ensemble de la
tâche qui me reste à accomplir est en
principe sur de bonnes rails. Grâce au travail que je viens
de fournir ces
derniers jours et dont je vous passe les détails, en
principe tout est planifié
jusqu’au dernier jour de mon voyage. Bien entendu, rien ne se
passera comme
prévu. Mais de cela j’ai dors et
déjà une certaine accoutumance. Improvisation
mis à part, si tout se passe bien je devrais rentrer en
France dans un peu plus
d’un mois ! « Liberate
me »
Caracas
c’est pas
Chicago…
c’est
bien pire !
Le
mardi 31 mars 2009, jours des cent vingt ans de la tour Eiffel, mon vol
atterrit à l’aéroport de Caracas.
Depuis 2008, la capitale du Venezuela est
officiellement la ville la plus dangereuse au monde. Bien pire que
Chicago
« à la belle
époque », comme on dit. Pourtant, Caracas
se trouve sur
le plancher des vaches : altitude zéro, quel
bonheur !! C’est comme
d’avoir de nouveau un cerveau bien en place. Mon passage au
Pérou c’est
effectivement passé mal, de plus en plus mal. Juste avant de
prendre l’avion
afin de quitter le pays, j’avais décidé
de consacrer vingt quatre heures à la
visite du Lac Titicaca et ses îles artificielles, faites de
pailles et de terre
tassée. Un site unique au monde. Titicaca est
également le plus haut lac
navigable, avec des navires qui remonte son cours depuis
l’océan pacifique, en
provenance parfois d’Amérique du Nord ou
même d’Europe !
Il
n’en reste pas moins que la ville de Puno, au bord du lac
(coté Péruvien, l’autre
rive étant bolivienne) est une ville portuaire comme on les
aime : des
ruelles sombres et malfamées, souvent sales, quelques rues
commerçantes
truffées de magasins vendeurs de babioles et attrapes
touristes en tout genre.
Et bien entendu, des piques Pocket, en veux-tu en
voilà ! C’est à Puno,
juste avant mon retour vers Cuzco, que je me suis fait voler mon
appareil photo
ainsi que mon PDA, avec l’ensemble des photos et des notes
contenus dans mes
deux cartes mémoire… Que dire de plus ?
J’étais déjà au
trente-sixième
dessous. J’ai avalé cette couleuvre de plus et
j’ai continué ma route. Je
dirais même que de ne plus avoir aucun outil de travail, afin
de rendre compte
visuellement ou verbalement de mon enquête, m’aura
en quelque sorte apaisé. Je
n’avais plus rien à faire, un point
c’est tout.
C’est
dans cet état d’esprit mi-figue mi-raisin que je
débarquai à Caracas, la ville
bunker. Ici, à huit heure le soir tous les magasins, les
restaurants ferment. Tous
le monde rentre chez soi. Les hôtels se barricadent
derrière des grilles dignes
d’une prison de haute sécurité. La nuit
à Caracas, c’est le domaine des gangs.
On vous averti dès votre arrivée. Le taxieur
depuis l’aéroport me met au
parfum. La dame de la réception de
l’hôtel fini de me mettre au
diapason : « et tu ne prends pas
d’argent… pas plus de vingt dollar.
Le reste, la police aura vite fait de te le voler ».
« La
police !? », je comprends un peu
d’espagnol sans vraiment le parler,
je le baragouine tout au plus. Sans doute ai-je mal compris.
« Oui la
police », répète la vieille
tenancière, en me fusillant cette fois d’un
regard en biais, l’air de dire :
« toi tu as compris, et moi je n’ai
rien dit ». Charmant vraiment, Caracas je vous la
recommande.
Après
quarante huit heures passés à courir à
droite à gauche, usant et abusant de mes
forces retrouvées, je quitte Caracas afin de rejoindre Ha,
ma copine et son
époux Luca qui vivent désormais à
Puerto La Cruz. Ha fut des années durant la
salariée permanente de notre association
partenaire : Orphelin Sida
International. Aujourd’hui elle et son mari se sont
installés dans cette petite
station balnéaire à quelques heures de route de
la capitale vénézuélienne.
C’est
grâce à Ha et Luca, et je pèse mes
mots, qu’aujourd’hui j’ai une
réelle chance
de venir à bout de mon périple. Durant les quatre
jours que j’ai passé en leur
compagnie, ils se sont chargé de tous et m’ont
absolument interdit de me
soucier de quoique ce soit. L’un de leur ami en
déplacement à l’extérieur du
pays, m’a gentiment prêté sa villa du
yacht club. C’est dans ce cadre de vie
paradisiaque que j’ai pu, les doigts de pieds en
éventail au bord de la mer des
caraïbes, finir de consolider ce que j’avais
passé plusieurs mois à épuiser
autour du globe.
A
Caracas nous sommes logés par les pères
salvatoriens.
Au Venezuela ce sont les seuls à prendre en charge les
orphelins séropositifs.
Là c'est
le père Augustin : du début à la fin,
il nous aura reçu avec ses frères
eclésiastes et nous aurons traités comme leur
égaux !
Merci père Augustin, merci à toute votre
congrégation !
Les
pères salvatoriens sont présents dans les Barrios
de la ville.
Ils disposent aujourd'hui de nombreusres écoles et
d'orphelinats, rondement tenus !
Nous avons étaient impressionnés par tant
d'activité offertes pour le bien de la
communauté.
Des
enfants qui parfois sont séparés de leurs deux
parents, très tôt dans la vie.
Là, ce
jeune garçon et ses trois autres frères,
recceuillis par des orphelinats différents,
ont été réunis afin de
témoigner devant la caméra de notre association.
Nous sommes heureux d'avoir pu contribuer,
avec le père Augustin et les autres membres de la
congrégation,
a réunir ces enfants pour une journée !
Seul le plus jeune
des frères est séropositif.
A
mon retour à Caracas, je suis rejoins par Sami Battikh pour
le tournage du
documentaire dans les Barrios de la périphérie de
la ville. Ce sont là parmi
les plus grands bidonvilles de toute l’Amérique du
sud. Nous sommes accueillis par
les seules institutions qui prennent en charge au Venezuela les enfants
du
Sida : la prêtrise catholique. En plein
cœur du Barrio ouest de la ville,
nous sommes logés dans le bâtiment
réservé aux prêtres salvatoriens. Ici,
personne ne touche à
l’église… disons presque personne.
C’est un endroit sûr où
ranger le matériel audio vidéo le soir venu. Sans
compter que nous sommes à
quelques encablures des orphelinats et des écoles
où sont les enfants que nous
voulons interviewer.
Ces
hommes d’églises, en particulier le
père Augustin, nous accueillent comme leurs
égaux. Certaines des discussions que j’ai eut la
chance d’entretenir avec le
père Augustin nourriront probablement ma
réflexion des années
durant. « Nous sommes des
instruments », m’a-t-il dit une fois
alors que nous étions installés dans la salle
commune, après avoir déjeuné tous
ensemble au réfectoire. « Nous devons
accomplir ce pour quoi nous sommes
là : ni plus, ni moins ».
C’est une philosophie de vie dans laquelle
je me reconnais tout à fait. Ces pères
salvatoriens sont des exemples
d’abnégation. Présents dans le quartier
depuis cinquante ans. Le plus ancien père
de l’ordre à Caracas avec qui nous dinons tous les
soirs, est d’ailleurs ici
depuis plus de quarante cinq ans !
Ces pères me racontent
l’histoire du travail de toute une vie. Ils dressent un
tableaux à peine
croyable des conditions dans lesquelles ils ont commencé
leur sacerdoce en ces
lieux. Au début, il n’y a avait rien. Rien
d’autre que quelques cabanes en
tôle, érigées à
même la boue. Puis, à force de revendication, les
gouvernements
successifs ont du accepter le fait accomplis. Les autorités
ont finis par
raccorder l’eau et
l’électricité à ce qui
devint avec les décennies, l’un des
plus grands quartiers périphériques de la
capitale. Aujourd’hui, la plupart des
routes du Barrio sont goudronnées et la plupart des
habitations sont raccordées
aux réseaux d’eau courante et
d’électricité. Pourtant, chaque nouveau
mois
apporte sont lot de miséreux qui fuient
l’arrière pays et viennent bâtir ici,
leur nouvelle cabane de fortune en tôle.
« Malgré toute la bonne
volonté
du monde, nous ne pouvons tous les aider », me dit
le père Augustin.
« Les moyens financiers nous manquent bien entendu.
Mais il n’y a pas que
cela… Ici dans le Barrio, règne la loi du plus
fort. Nombreux sont ceux qui
n’ont ni foi ni loi, ni Dieu, ni maitre. Certains de ces
personnages odieux exploitent
la misère de leurs frères et ils nous font bien
comprendre que nous ne devons
pas interférer avec leurs
« projets ».
Le
père Augustin finira par m’expliquer comment les
orphelins du quartier par
exemple, sont exploités de toutes les manières
possibles et imaginables. Les
Dealers du quartier les font dormir dans la rue, en groupe, aux portes
du
métro. Puis, au petit matin ils leur font faire toutes leurs
sales besognes. Le
soir venu, ils les vendent au premier détraqué
sexuel venu. Le lendemain,
rebelote. Lorsqu’ils sont
récupérés par ce genre de
réseaux, les enfants n’ont
en général pas plus de sept ou huit ans. Au bout
de plusieurs années d’une
telle bestialité, à l’adolescence
certains d’entre eux tentent de
s’échapper.
La police locale, bien entendu, ne lève pas le petit doigt.
Les agents de la
force publique sont l’un des rouages de cette machine
démoniaque et bien
huilée. Les hommes de bonne volonté tel le
père Augustin, sont obligés de
redoublés de prudence et
d’ingéniosité afin d’extirper
certains de ces enfants
des griffes de leurs tortionnaires, avant de les envoyer incognito
à l’autre
bout du pays là où personne ne les connait.
A
Caracas, j’ai rencontré certains de ces enfants et
de ces adolescents, sauvés
de la rue par ces hommes et ces femmes d’églises.
Même au milieu de la plus
vile des fanges humaines, l’espoir est permis. Cet
épisode vénézuélien
m’aura
conforté dans le rejet des dernières
velléités d’apitoiement sur mon sort.
Certains
de ces enfants débordant de vie, que j’ai eut la
chance de rencontrer dans ces
écoles et ces orphelinats tenus par les salvatoriens, seront
pour moi un
véritable rayon de soleil. Tout particulièrement
le jeune Guillermo, cinq ans.
J’espère pouvoir le revoir dès que
possible.
Pour finir en beauté, voilà quelques photos de
ces enfants sans qui notre humanité ne saurait avoir aucun
avenir.
La princesse de l'orphelinat !
Les enfnats
s'amusent avec l'un des travailleurs sociaux de l'orphelinat.
Lui et sa femme font un travaille extra-ordianire !
Notre petit
héro et ses camarades d'orphelinat.
Leur ainée, elle-même séropositive et
orpheline depuis l'enfance,
leur coupe les parts du gâteaux.
Le reste se passe de commentaire...
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